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CONNAITRE LES TIMBRES / La fabrication du timbre



Spécialiste

Stéphane Buchheit


Fabrication des timbres au type « Groupe » des colonies françaises
4 La planche d’impression.

 


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La planche d’impression.

Pour pouvoir imprimer, nous avons besoin de planches d’impression. Nous allons examiner leur mode d’obtention. Malgré la durée de fabrication et les modifications des matériels d’impression, il semble que la fabrication n’ait que peu changé au fil du temps.
La planche d’impression est un assemblage rigide de plusieurs éléments, le galvano qui est une planche de cuivre ayant 50 reproductions (clichés) du timbre, les barres inter-galvano, les marques de centrage, les inscriptions de fabrication et les millésimes.

a) Le Galvano

Pour obtenir des galvanos, on utilise tout d’abord un poinçon type en acier fourni par le graveur. Ce poinçon qui ne porte pas de chiffre de valeur, est en principe trempé ce qui ne permet plus de faire la moindre modification.
La photo ci-contre montre le poinçon et l’épreuve du poinçon des timbres au type groupe. Sur cette épreuve, les parties en noir correspondent aux zones qui n’ont pas été gravées, ce sont des parties saillantes, nous sommes en typographie. C’est le cas en particulier de l’emplacement du chiffre de la valeur, qui comme nous l’avons dit n’est pas gravé sur le poinçon. Il faut aussi garder à l’esprit que le poinçon est une image inversée par rapport à l’épreuve. En effet, chaque opération de reproduction "inverse" l’image originale, de la même manière qu’un miroir. D’ailleurs pour pouvoir exécuter le poinçon « à l’envers », souvent le graveur regarde ce qu’il fait dans un miroir, pour remettre l’image « à l’endroit ».

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Epreuve du poinçon

Photo de l’épreuve du poinçon réalisé par Mouchon.

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Poinçon en acier
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Plomb
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Cuivre avec valeur gravée
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Etapes de constitution du Galvano

Ces 4 images représentent :
Plombs montés 2 x 5 x 5
Galvano maître en cuivre
copie en Gutta-Percha Galvano de service
Sur ces images, les parties saillantes sont en noir

En utilisant un balancier monétaire, qui est une sorte de presse de précision, on frappe des petits cubes de plombs autant que l’on désire de valeurs faciales différentes. Ces plombs présentent une image inversée par rapport au poinçon, ce qui était en creux devient saillant et vice versa. Les plombs obtenus sont envoyés à l’atelier de galvanoplastie, pour déposer par électrolyse une couche de cuivre. Lorsque la couche de cuivre est assez épaisse, on sépare le plomb du cuivre. Et on envoie le cuivre, qui porte l’empreinte du poinçon d’origine (et dans le même sens), au graveur pour qu’il ajoute le chiffre de la valeur. Une fois cette opération effectuée, le cuivre est utilisé pour frapper (au balancier monétaire) 50 plombs qui seront assemblés en deux groupes de 25. De nouveau l’ensemble retourne dans les bains galvanoplastiques pour obtenir cette fois une planche en cuivre avec les 50 timbres d’une valeur répartis en deux blocs de 25. On appelle cette planche de cuivre, le galvano « maître ». Cette planche ne sera pas utilisée pour l’impression, mais servira pour la reproduction, toujours en galvanoplastie, des planches de cuivre de 50 timbres qui cette fois ci seront utilisées pour l’impression. Pour obtenir, ces planches pour l’impression, on prend des empreintes du galvano maître à la Gutta-percha (1). Ces empreintes sont encore une fois envoyées en galvanoplastie pour obtenir les nouvelles planches. Ces nouvelles planches sont appelées « galvanos de service ». Le galvano de service est une copie "parfaite" du galvano maître. Un galvano de service est capable d’imprimer jusqu’à 250000 feuilles.
(1) La gutta-percha est une substance proche du caoutchouc, extraite du latex du Palaquim Gutta, arbre d’Asie tropicale.

b) Les barres inter-galvano.

Ces barres de couleurs sont utilisées pour imprimer sur l’espace entre deux blocs de 50 timbres. En effet, ces espaces sont dentelés et exactement au format du timbre. Laissés vierges, ils pourraient être réutilisés par des faussaires.

c) Les Millésimes

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Position du millésime.

Le millésime est utilisé pour identifier le chiffre des unités de l’année de fabrication. « 3 » comme sur la figure pourrait signifier 1893 ou 1903. Comme il n’y a pas eu de tirage en 1903 pour Saint-Pierre et Miquelon, nous avons affaire au millésime de 1893. Sur feuille entière ou sur le bloc de 50 bas de feuille, il est possible de vérifier cette affirmation en contrôlant les inscriptions de fabrication.
Pour insérer le millésime, un trou avait été fait dans l’espace inter-panneau de la deuxième rangée de timbres de chaque bloc de 50. Il y a donc trois millésimes par feuille de vente.

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Tirage sans millésime.

Sur certains tirages, le millésime a été omis. Pour en être sur, il suffit d’avoir un bloc de 4 avec haut de feuille ou encore au moins 3 paires verticales.
Si l’on part du principe, que le millésime a pour chaque galvano, un emplacement précis, il devrait être possible d’identifier chaque galvano par la position de son millésime. J’ai commencé à le faire, mais je manque singulièrement de pièces pour que cela soit représentatif. Si d’autres collectionneurs veulent m’aider, ils sont les bienvenus.

d) Les inscriptions de fabrication.

Les rangées de caractères donnent des informations d’identification sur le tirage et se trouvent dans le bas de la feuille d’impression. Il y en a une par feuille de vente de manière à rester sur les deux feuilles obtenues après massicotage. La rangée de caractère est positionnée sous l’un des deux blocs de 25. Il ne semble pas qu’il y ait une position préférentielle sous l’un ou l’autre des deux blocs de 25. Jacques Resnikow, considère en parlant des timbres de France que ces informations se trouvent principalement sous le bloc de gauche, et plus rarement à droite. Pour ma part, je pense que la position des informations dépend de celle des repères de denture comme nous le verrons.

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Identification avant fin 1898
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Identification après fin 1898.

La signification de ces informations de tirage sont :
• Une lettre qui indique le conducteur de presse. Peut-être l’initiale de son nom ou son prénom ?
• Un ou deux chiffres qui indiquent le jour de fabrication.
• Un zéro de séparation, Jacques Resnikow indique qu’il peut manquer.
• Un ou deux chiffres qui indiquent le mois de fabrication.
• Un ou deux chiffres séparés des autres qui indiquent à partir de fin 1898, le numéro de presse. À savoir en 1900, l’atelier possédait 28 presses.
Dans les deux exemples ci-dessus, les indications se lisent :
H 8011
• Conducteur : H
• Jour : 8
• Mois : novembre ; pour l’année il faut se référer au millésime.

E 2006 1
• Conducteur : E
• Jour : 20
• Mois : Juin
• Presse : 1

e) Les repérages de dentelure.

Sur chaque feuille d’impression se trouvent 4 repères qui sont utilisés pour pouvoir perforer correctement les feuilles. Les feuilles étaient perforées après avoir été gommées et massicotées, ce qui explique la présence de 4 repères, car il faut au moins deux repères par feuilles de vente pour réaliser la perforation.
Donc sur chaque feuille de vente, on doit trouver deux repères : Une croix et un point de la même couleur que les figurines.

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Croix de repère de perforation.
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Point de repère de perforation.

Ces deux repères se trouvent au centre de ce qui correspondrait à une figurine, soit :
• Alignés sur la 5ème rangée, et dans ce cas la croix est en haut et le point en bas.
• Alignés sur la 6ème rangée, et dans ce cas la croix est en bas et le point en haut.
La position des repères n’est pas symétrique sur la feuille, car ils sont alignés sur la même colonne et non pas de part et d’autre de l’espace inter-panneau. De ce fait, l’ouvrier chargé de la perforation devait prendre garde à bien orienter la feuille. Pour l’aider, les deux repères étaient différents. Le point se trouvait du coté où l’on démarrait la perforation, alors que la croix se trouvait du coté où se terminait la perforation. Ce n’avait pas toujours été le cas, car avant 1880, il y avait deux croix et cela devait être une source d’erreurs lors des opérations de dentelure.
Donc si, pour une raison qui m’est inconnue, on plaçait la croix dans la marge du bas, il était absolument nécessaire de la placer sous la 6ème rangée, sous peine de décaler la perforation.
C’est à mon avis la position des repères de centrage qui influait sur la position des indications d’impression, car ils ne pouvaient se trouver, du moins je le pense, sous le même bloc de 25. Donc les repères positionnés sous le panneau de gauche impliquaient la position des indications sous le panneau de droite.


- Suite


- Introduction.
- Les couleurs, Le papier.
- La teinte de fond.
- La planche d’impression.
- Impression du nom des colonies.
- Le gommage.
- Le massicotage et la perforation.


Dernières modifications : 2003-04-02 11:51:59