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*TOUT* SAVOIR SUR LES TIMBRES ET L’HISTOIRE POSTALE DE FRANCE / Questions sur l’Histoire postale française



Débutant

Nizorche


Petite histoire de la poste en France - Chapitre 1
La poste aux chevaux et les messageries

 

Préambule - Les postes avant les Postes

La première poste moderne remonte à l’empereur Auguste, au 1er siècle avant J.-C. C’est lui qui a créé la première poste d’état : ou cursus publicus.

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L’empereur Auguste
Avers d’une pièce à l’effigie d’Auguste. source

Le cursus publicus est constitué de deux types de relais : les écuries (placées tous les 12 kilomètres environ) et les gîtes d’étapes (tous les 50 kilomètres). Cette première poste centralisée avait pour agents de simples cavaliers (ou postillons) qui, grâce au mandat impérial, pouvait se servir des chevaux des écuries. Pour les courriers importants, cette poste était dotée de charettes légères (cisium [1]). La chute de l’Empire Romain d’Occident au Vème siècle et l’éparpillement des pouvoirs entraînent la disparition de cette première poste.

Au Moyen-Âge, l’Eglise et les grands Seigneurs se dotent de chevaucheurs qui font les parcours d’un bout à l’autre, les relais ayant disparus. Au XIIIème siècle, les villes importantes s’équipent de messagers à pied, munis d’une caissette métallique. Ils sont le plus souvent armés. En effet, ceux-ci sont également chargés de convoyer les fonds. Quelques femmes sont messagers. Ces messagers avaient la réputation d’être des ivrognes, infidèles, prennent des risques inconsidérés... Les messagers de ville sont surtout utilisés par les bourgeois pour le transport de leurs lettres, mais sont vivement concurrencés par la poste des occasions (marchands, voyageurs...).

C’est également au XIIIème siècle que se développent les messageries d’Université.

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Jeton des universités
XVIIème siècle

Ces messageries sont extrêmement efficaces. En France, une ordonnance de 1383 stipule que chaque diocèse comportant des étudiants dans une université devra être desservi par ce type de Messagerie. Les chevaucheurs sont payés par contrat. Ces messagers revêtent une distinction. Appelé Jeton des universités (cf ci-contre), celui-ci assurait une certaine légitimité auprès des usagers de ces messageries et une certaine sécurité contre les brigands, ceux-ci étant sévèrement punis en cas d’attaque d’un messager. Les messageries des universités disparaissent peu à peu avec l’organisation des messageries étatiques au XVIIème siècle.

Chapitre 1 - La poste aux chevaux

>>>Accès aux cartes<<<

La poste aux chevaux naît à la fin du XVème siècle. Le 9 juin 1464, Louis XI crée la Poste Royale par l’Edit de Luxies. Le corps des Chevaucheurs du Roy est divisé en deux et donne naissance à la Poste mobile et à la Poste assise. La Poste mobile est équipée de chevaucheurs, et la Poste assise reconstitue le réseau du cursus publicus. Les préposés de cette Poste assise prennent le nom de Maître de poste. Les relais sont séparés par 4 lieues, soit près de 16 kilomètres [2]. Peu après la fréquence des relais sont espacés de 2 lieues.

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La Poste Royale sous Louis XI
Assiette de Sarreguemines (env. 1920)

En France, Louis XI confie l’organisation et la surveillance des Postes à Robert Paon en 1479. Sous Henri III, les Maîtres de poste sont rémunérés pour leurs fonctions. 60 livres tournois par maître coûtent cher à l’état, et Henri IV ouvre la Poste royale au grand public en échange de la rémunération du service et donne le monopole de la location des chevaux aux Maîtres.

Henri IV fixera également les grandes lignes de la Poste aux chevaux sur les grands axes de communications. Il fixera également la durée de la journée de travail entre 12 et 15 lieues par jour [3].

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Ecurie de poste au XVIIème siècle
Gravure de Moyreau, 1753

Jusqu’en 1673, les Maîtres de poste achetaient leurs charges. Mais ceux-ci s’enrichissaient très vite, et étaient de grands propriétaires terriens, exonérés de tous les impôts. A partir de 1692, c’est le roi qui nomme directement les Maîtres de poste. Sous Louis XIV, les Maîtres de poste sont rémunérés 160 livres [4] et sont dégagés de l’obligation de loger les soldats en campagnes.

A la fin du XVIIIème siècle, le territoire compte 1200 relais de postes, disséminés sur les 9500 kilomètres de voies d’état. Les routes sont de mauvaises qualités, et malgré l’amélioration des véhicules, les chaises de poste ne dépassaient guère les 30 kilomètres par jour. Les voies autour de Paris nettement plus praticables permettaient des trajets journaliers de 75-80 kilomètres.

Tout comme les messagers d’universités, les postillons étaient équipés de plaques en cuivre argenté :

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Plaques de Postillon
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Maître de poste
Costume de 1845

Ces plaques portent la marque des régimes politiques qui se sont succédés : fleurs de lys sous la Monarchie, bonnet phrygien sous la Révolution, aigle sous l’Empire ; Portée sur le bras gauche du postillon et fixée au moyen d’un brassard, la plaque indique le nom du relais et le numéro de rang du postillon. Le numéro 1 partira le premier en course et ainsi de suite. A l’inverse le Maître de poste arborait son insigne sur sa veste.

Au XIXème siècle, les relais sont au nombre de 2000. Depuis 1786, le maître de poste est propriétaire de son relais, mais son rôle est limité à la location des chevaux. Un atlas réunis tous les relais de poste du Royaume, puis de l’Etat. Ces atlas et livres de postes sont les annuaires officiels qui fixent la distance entre relais afin de calculer la taxe des missives, ainsi que le coût de la location des chevaux et de la rémunération des postillons.

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Livre et Atlas de poste
XIXème siècle

En 1790, une diligence roulait à environ 12 km par heure. Ainsi, Paris-Lyon se faisait en 3 jours, Paris-Bordeaux en 8 jours [5], Paris-Marseille en 9 jours.


Chapitre suivant (La poste aux lettres)


Sources pour ce chapitre :
 La poste aux chevaux
 L’encyclopédie Yahoo
 La poste, l’aventure du courrier.-Musée du Président Jacques Chirac, Sarran, 2003.- 197 p.

A visiter
 Le site du Musée de la Poste et particulièrement la Salle 2

Pour plus de renseignements, posez vos questions sur le forum fr.rec.philatelie, ou contactez l’auteur

Nicolas Izorche


[1] au pluriel cisium donne cisia

[2] 1 lieue de poste = 3 898 mètres

[3] soit entre 47 km et 63 km

[4] 550 euros

[5] Par eau de Blaye à Bordeaux


Dernières modifications : 2004-06-22 21:16:23